Dans les bulletins municipaux, les différentes équipes chargées de sa confection qui se sont succédées se sont attachées à y inclure un article en rapport avec l'histoire du village ou son environnement local. Voici la liste des titres, classés par thème, de ces différentes publications que vous pouvez retrouver dans les bulletins communaux concernés (> vers bulletins municipaux).
Les titres soulignés peuvent être consultés en cliquant dessus.
CHARTAINVILLIERS ET LES FEMMES...de 1898 à 2001
Vendredi 16 mars 2001, réuni à la suite de son renouvellement, le Conseil municipal de Chartainvilliers a élu à l’unanimité Pascale WATSON, Maire.Pour la première fois de son histoire, la commune a une femme comme premier magistrat. Rien d’extraordinaire en soi, pourtant cette élection n’en marque pas moins une accélération dans la participation des femmes à la vie institutionnelle du village.
En effet, grâce aux archives municipales, un rapide retour sur le passé permet de constater que l’acceptation des femmes n’a pas été toujours de mise.
1898 : LA MISE A LECARTAinsi le 7 août 1898, le Conseil municipal de Chartainvilliers réuni en la présence de Messieurs Loison, Redreau, Benoist, Delordre, Blondeau, Bradin et Lefèvre a eu à délibérer sur une circulaire de M. le Préfet dEure et Loir, en date du 19 juillet 1898, aux termes de laquelle il « était appelé à faire connaître sil désirait conserver linstituteur actuellement chargé de lécole mixte de Chartainvilliers ou si, au contraire, il consentait à ce quune institutrice y soit nommée ».
Dans sa « grande sagesse », le Conseil municipal de lépoque :
« Considérant que les fonctions de secrétaire de Mairie ne sauraient convenir à une institutrice;
Est davis que la direction de lécole mixte de Chartainvilliers reste confiée à un instituteur »
Daprès les informations en notre possession, il faudra attendre 1935 pour quune femme accède au secrétariat de Mairie, en la personne de Mme PAYEMENT, institutrice à lécole du village.
1944 à 1959, LES PREMICESPour ce qui est des conseiller(e)s municipaux, Mme SERVOIN sera la première femme à siéger en octobre 1944 au conseil municipal. Institutrice, dont une plaque sur le monument aux morts de la commune rappelle le sacrifice de son mari mort en déportation pour faits de résistance, son mandat transitoire cessera lors du renouvellement général du conseil en avril/mai 1945.
Après le droit de vote octroyé aux femmes en 1944/45, il faudra attendre les élections davril 1953 pour que la première femme soit élue au Conseil municipal. Il sagit de Mme Alice LAGNEAU, actuelle doyenne dâge du village, qui siègera au Conseil jusquen 1959..
1983 : LE TOURNANTVingt-quatre années sécouleront avant de voir Mme HAMELIN Hélène et Michèle BARTHELEMY être élues et venir en 1983 prendre part aux délibérations du conseil municipal du village.
En mars 1989, Michèle BARTHELEMY, sera la première élue à un poste dadjoint au Maire. Régulièrement réélue depuis en tête des scrutins municipaux, elle sera également, à lunanimité du conseil, la première femme à occuper en mars 2001 le poste de 1er Adjoint. 1995/2001, LACCELERATIONLannée 1995 sera marquée par une forte implication des femmes dans le scrutin municipal. Sur 30 candidats déclarés, 14 étaient des candidates, dont quatre seront élues ou réélue « conseillères municipales » : Michèle BARTHELEMY, Pascale WATSON, Claudie PICHOT et Christine CHASLES.
A loccasion des dernières élections municipales, six élues, dont trois nouvelles (Mmes MARTIN-JOURDAIN Isabelle, BERNIER Chantal et CASSARD Anne-Marie) sont membres du conseil municipal qui a désigné Pascale WATSON, première femme Maire du village.
Ainsi, depuis 1944, on dénombre dix femmes sur les 77 personnes qui ont siégé au conseil municipal, 2 sur les 15 adjoints, et une sur les 7 Maires qui ont présidé aux destinées de la commune.Même si la parité nest pas encore atteinte, entre 1898 et 2001 lévolution dans les esprits et les comportements est bien réelle.
Décembre 2004
CHARTAINVILLIERS : BREF HISTORIQUE
Chartainvilliers dans l’Histoire a un modeste rôle. Notre commune, un territoire comme les autres a traversé la préhistoire sans fait notoire, bien qu’il soit possible de trouver quelques fossiles en particuliers des oursins.
Pendant la période néolithique, les hommes développent des techniques nouvelles : la céramique, la pierre polie. Des fouilles organisées nous le confirment. En plaine, nous pouvons trouver des haches et des pointes de flèches en silex.
Les Carnutes, puis la civilisation Romaine, nos ancêtres, nous ont laissé un site Gallo-Romain au lieu dit “ les Petites Bruyères ” inscrit à l’inventaire de la Commune.
* * *
Jusqu’au 17ème siècle nous ne trouvons aucune trace historique nous concernant.
C’est avec la construction de l’Aqueduc, commandée par Louis XIV, que nous sommes en mesure de suivre les travaux du canal de l’Eure de Pontgouin à Versailles dit aussi “ Rivière Louis XIV ” sur le territoire communal.
Deux vestiges nous restent : la Petite et la Grande Voûte. Sur notre cadastre, des noms afférents à cet énorme chantier, le chemin des Chariots, le Gros Four témoignent de la présence de milliers d’hommes qui souffriront d’une situation proche de l’esclavage, dans des conditions sanitaires déplorables.
Les travaux dureront de 1684 à 1689 et 40 000 soldats et artisans y travaillèrent. Habitants et soldats ne vivaient pas toujours en bon rapport. A Chartainvilliers, un paysan blesse à coups de couteau un frater* du régiment de Bassigny**.
Durant toutes ces années les riverains ont été privés et spoliés de leurs biens. Le Roi paya 5 137 livres de dommages à titre privé. Une grande compensation fut pour Mme de Maintenon qui reçut la Seigneurie de Grogneul, le titre de Marquise, le titre de propriété des canaux, des nouvelles rivières, des digues, des terres qui servirent à la construction de l’aqueduc et du droit de pêche.
En 1691, l’Eglise de Chartainvilliers est reconstruite par Madame de Maintenon.
En 1731, le Duc de Noailles fonde un hôpital à Maintenon (à perpétuité) où seront reçus les pauvres, vieillards et infirmes des communes de Maintenon, Villiers et Chartainvilliers. Cette structure fonctionne jusqu’en 1789, puis la Convention confisque les biens des hôpitaux pour en faire un bien national, et met le bâtiment en location (mairie, prison, gendarmerie).
L’an V, le restituera à la commune de Maintenon et la commission de l’hospice fonctionnera sous le nom de bureau de bienfaisance.
En 1863, une demande a été faite au Préfet pour la restitution de l’hospice dans ses conditions primitives. L’affaire sera portée en justice et, en 1872, le Tribunal de Chartres ordonnera le partage des revenus annuels affectés à l’ancien hôpital entre les dites communes de Villiers, Maintenon et Chartainvilliers.
* * *
Les guerres ne nous ont pas épargnés. La Royauté et le Premier Empire ont laissé des traces que nous ignorons, nos aïeux ne nous les ayant pas transmises. Toutefois, on peut trouver encore des armes de l’époque napoléonienne.
Dans un plus proche passé, après la défaite de Sedan en 1870, la France est envahie par les Prussiens. Le 24 octobre, pendant quelques heures, des cavaliers s’installent à Chartainvilliers à la recherche d’armes de la Garde Nationale qu’ils ne trouveront pas. Cependant, à plusieurs reprises, des fantassins et des cavaliers séjournent dans nos chaumières pendant plusieurs jours. Un jeune garde national de Chartainvilliers est tué à Epernon. Il est enterré dans notre cimetière.
1914, la Grande Guerre, des jeunes gens partiront, mais tous n’en reviendront pas. Ils laisseront dans la commune et les familles une grande peine.
En 1920, un monument aux morts est érigé pour se souvenir et respecter les sacrifices de nos enfants morts pour la France, la Liberté et l’Honneur de notre Patrie. Malheureusement, la liste des victimes s’allongera du fait de nouveaux conflits.
Le 2 Septembre 1939, mobilisation générale. Le processus de guerre avec l’Allemagne est engagé.
Du 10 au 16 juin 1940, c’est l’exode, la fuite devant l’avance ennemie. C’est au retour que les habitants du village constateront les atrocités commises dans notre commune et dans les environs.
Du 8 au 24 juin 1940, la 8ème division légère d’infanterie coloniale vit un drame, en particulier le 28ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais fait front à l’envahisseur.
Au soir du 24 Juin, le 8ème DLIC a perdu les deux tiers de ses effectifs. 56 tirailleurs tués et achevés seront enterrés à Chartainvilliers.
C’est pendant ces combats que Jean Moulin, qui a la fonction de Préfet, refuse aux Allemands de signer un document accusant les troupes “ noires ” de l’Armée Française d’avoir violé et massacré des femmes et des enfants.
Puis viendront les guerres d’Indochine et de Corée. Il y a 50 ans, des attentats en Algérie entraînent la France à un “ maintien de l’ordre ” qui, en fait, se transformera rapidement en une guerre avec toutes les atrocités que l’on connaît et qui sont encore très présentes dans nos esprits.
*Frater : frère lai1 affecté aux travaux domestiques
**Bassigny : région dans le département de la Haute-Loire
1 frère servant qui n’est pas destiné aux ordres sacrés